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Programme de réhabilitation cognitive spécialisée dans la maladie d’Alzheimer ou apparentée

Problème de santé : Troubles cognitifs

Psychosociales
Code de la fiche :
NPIS-00000005

Désignation

Programme de réhabilitation cognitive spécialisée dans la maladie d’Alzheimer ou apparentée

Indication principale

Réduire le trouble cognitif chez une personne ayant un diagnostic de trouble neurocognitif majeur de léger à modéré, et en particulier une maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée à un stade précoce.

Comment ça se passe ?

  • Sur une durée totale de 8 semaines, le participant réalise 2 séances par semaine d’une durée de 40 minutes à 1h chacune, en groupe de 8 personnes maximum avec le praticien.
  • Ces séances, supervisées par le professionnel, ont lieu en intérieur de préférence dans un établissement de santé, une résidence, un cabinet ou une association.
  • Pendant ces séances, le professionnel propose des exercices développant des stratégies de mémorisation et de rappel (apprentissage sans erreur, récupération espacée…), des exercices d’attention, de résolution de problème par exemple, ou encore des activités sociales. Un temps de relaxation est également réalisé.
  • Il peut utiliser différents supports visuels ou physiques.

Autres bénéfices santé

  • Amélioration des stratégies de reconnaissance.
  • Amélioration de la mémoire de travail et de la mémoire verbale.
  • Amélioration de la fluidité verbale.
  • Amélioration de la désignation par confrontation.
  • Amélioration de l'attention.
  • Amélioration de l’humeur.
  • Amélioration de l’autonomie dans la vie quotidienne.
  • Amélioration de la qualité de vie.

Risques directs

  • Aucun risque grave mentionné dans les études. 
  • Une compréhension limitée de son propre niveau de fonctionnement peut provoquer des réticences à se confronter à ses difficultés de mémoire à court terme et affecter la motivation à faire des efforts pour les résoudre.

Risques d’interaction

Aucun constaté à ce jour.

Contre-indications

Contre-indiquée en cas de troubles cognitifs sévères, de déficit auditif ou visuel sévère ou de troubles du comportement incompatibles avec une pratique de groupe.

Précautions

Les précautions pour les participants et dans la pratique de l’INM sont communiquées par l’équipe médicale au praticien dans le protocole. 

Dispositifs règlementaires prévus

  • Prescription médicale de l’INM.
  • Mise en œuvre par un psychologue clinicien, un neuropsychologue, un ergothérapeute ou un.e infirmier.e spécialisé.e, et formé à l’INM.

Auteur(s) de la fiche

Jean-Bernard Mabire Lien ORCID
Date de création : 14/10/2024
Date de révision : 16/03/2026
Version : V02



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Désignation

Programme de réhabilitation cognitive

Catégorie

Psychosociale

Objectif principal de santé

  • Réduction du trouble cognitif [http://data.esante.gouv.fr/atih/cim10/F06.7] causé par une maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée.
  • CIM10: F67

Explication

Amélioration de l’apprentissage et de la mémorisation prouvée par 27 essais randomisés ayant inclus 2177 participants d'un âge moyen de 76 ans (Yang, 2018).

Test de routine

  • Montreal Cognitive Assessment (MoCA)
  • Mini-Mental State Examination (MMSE)

Seuil

  • MoCA >26
  • MMSE < 27

Seuil individuel de changement clinique

  • MoCA > 5
  • MMSE < 27

Bénéfice secondaires

  • Amélioration des stratégies de reconnaissance (Thivierge, 2014).
  • Amélioration de la mémoire de travail et de la mémoire verbale (Xiang, 2024).
  • Amélioration de la fluidité verbale (Xiang, 2024).
  • Amélioration de la désignation par confrontation (Xiang, 2024).
  • Amélioration de l'attention (Xiang, 2024).
  • Amélioration de l’état dépressif (Brunelle-Hamann, 2015).
  • Amélioration de l’autonomie dans la vie quotidienne et une meilleure performance dans les activités de la vie quotidienne (Amieva, 2016; Kudlicka, 2023).
  • Amélioration de la qualité de vie (Xiang, 2024).
  • Économie de 3000 euros par an et par patient en frais de soin et d’aide à la personne (Clare, 2019).

Risques directs

Une compréhension limitée de son propre niveau de fonctionnement peut provoquer des réticences à se confronter à ses difficultés de mémoire à court terme et affecter la motivation à faire des efforts pour les résoudre.

Risques d’interaction

Aucun constaté à ce jour.

Mécanismes biologiques et psychosociologiques

Bien que la mémoire à court terme s’altère progressivement chez les personnes malades avec une évolution plus ou moins rapide, des apprentissages cognitifs demeurent possibles. Ils s'appuient sur d'autres fonctions cognitives relativement préservées, comme le langage, les capacités visuo-spatiales, la mémoire procédurale et la mémoire à long terme. La réhabilitation cognitive repose sur des mécanismes et processus combinés qui permettent de créer un environnement propice à l’amélioration cognitive et au maintien des capacités fonctionnelles chez les personnes atteintes de troubles neurocognitifs sévères :
 

  • Neuroplasticité, le cerveau a la capacité de se réorganiser en réponse à des stimulations. L’INM exploite cette neuroplasticité pour renforcer les réseaux neuronaux existants et créer de nouvelles connections entre neurones, améliorant ainsi les fonctions cognitives (Van Paasschen, 2013).
  • Stimulation cognitive, les exercices cognitifs ciblés aident à stimuler les fonctions mentales telles que la mémoire, l’attention et la résolution de problèmes. Cette stimulation régulière peut ralentir la progression des symptômes de la démence et leurs effets sur le quotidien.
  • Compensation des déficits, l’INM enseigne des stratégies pour compenser les déficits cognitifs comme l’utilisation d’aides mnémotechniques, de routines ou de dispositifs d’aide à la mémoire pour aider la gestion des tâches quotidiennes.
  • Renforcement des compétences préservées en se concentrant sur les compétences cognitives qui sont encore intactes.
  • Soutien psychosocial, l’INM inclut la participation d’un proche lors de certaines séances et des activités sociales qui peuvent améliorer le bien-être émotionnel et réduire l’isolement social.
  • Personnalisation des interventions, l’INM est personnalisée en fonction des besoins spécifiques de chaque patient, ce qui augmente son efficacité en ciblant les domaines cognitifs les plus affectés.

Public répondeur

Adulte ayant un diagnostic de trouble neurocognitif majeur de léger à modéré, et en particulier une maladie d’Alzheimer à un stade précoce (Talassi, 2012).

Public non répondeur

Contre-indiquée en cas de troubles cognitifs sévères, de déficit auditif et/ou visuel sévères.

Participants

Groupe
Minimum : 3
Maximum : 8

Durée

8 semaines

Nombre de séances par semaine

2 séances supervisées

Procédure

  • Chaque séance inclue de 40 à 60 minutes incluant des temps de relaxation.
  • La réhabilitation cognitive est une thérapie axée sur les stratégies de mémorisation en vue d'optimiser l'autonomie et la capacité à réaliser des tâches de la vie courante. Elle travaille sur l’identification d'éléments à mémoriser en s’assurant qu’ils soient spécifiques, mesurables, réalisables et limités dans le temps. Le professionnel propose des exercices développant des stratégies de mémorisation et de rappel (apprentissage sans erreur, récupération espacée…).
  • Elles peuvent s'appuyer sur des points mnémotechniques ou une sélection de l’information, mais également utiliser des techniques spécifiques, comme le rappel du nom d'un visage, d'un numéro, d'une histoire ou d'une liste d’objet (Bäckman, 1998). Des routines peuvent être mises en place. D'autres exercices cherchent à mobiliser plus particulièrement la mémoire procédurale (qui gère nos automatismes de façon implicite) et la mémoire sémantique (qui regroupe toutes nos connaissances générales).

Composants

  • Exercices de mémoire: Activités visant à améliorer la mémoire à court et à long terme.
  • Entraînement à l’attention: Tâches conçues pour renforcer la concentration et l’attention.
  • Résolution de problèmes: Exercices pour améliorer les capacités de raisonnement et de prise de décision.
  • Stratégies de compensation: Techniques pour aider à gérer les déficits cognitifs, comme l’utilisation de mnémotechniques, de routines ou de rappels visuels.

Matériel

  • Fiches d’exercices spécifiques de travail de la mémoire, de l’attention, du langage et des fonctions exécutives.
  • Jeux de société et puzzles pour la stimulation de la mémoire, de la résolution de problèmes et des compétences sociales.
  • Assistance par ordinateur avec le programme GRADIOR qui inclut des exercices interactifs (exercices d’orientation, d’attention, de calcul, du langage, de mémoire, de perception, de raisonnement, d’entraînement de la fonction exécutive) et des modules de suivi des progrès.
  • Supports visuels et auditifs pour les exercices de mémoire et de langage.
  • Objets du quotidien utilisés pour la cuisine, le jardinage ou les tâches ménagères afin de travailler sur les compétences de vie quotidienne.
  • Carnets de notes, post-it et agendas pour aider à la planification et à l’organisation, ainsi qu’à la mise en place de stratégies de compensation.
  • Matériel de relaxation pour les exercices de gestion du stress et de relaxation, comme des balles anti-stress ou des coussins de relaxation.

Lieu de pratique

En intérieur de préférence dans un établissement de santé, d’hébergement, une résidence, un cabinet ou une association.

Bonnes pratiques de mise en œuvre

  • Garder en tête que les effets les meilleurs effets été obtenus par des programmes de plus de 8 séances avec une fréquence soutenue (Panerai, 2016).
  • Perfectionner votre aptitude à définir des objectifs individuels, à vous servir de l'approche de résolution de problèmes et à ajuster les activités.
  • Votre attitude et votre implication est fondamentale dans les effets obtenus (Warmoth, 2022).

Bonnes pratiques de pérennisation

Il est très utile qu'un aidant, ami proche ou membre de la famille, soit impliqué dans le quotidien et accompagne la personne malade dans son travail cognitif et de résolution de problème dans la vie quotidienne. A la fin du programme, il continuera cet accompagnement et les apprentissages. Souvent, des séances d'entrainement supplémentaires sont recommandées afin de maintenir une démarche proactive de réhabilitation cognitive.

Précautions

  • S'assurer que chaque participant est capable de participer au programme de réhabilitation cognitive en évaluant ses capacités cognitives et fonctionnelles, et sa motivation avant de commencer.
  • Répondre aux besoins et aux capacités individuelles pour éviter l’abandon en ajustant le programme de réhabilitation cognitive.
  • Assurer la sécurité de chaque participant en fournissant un soutien adéquat et individualisé durant chaque séance.
  • Éviter la surstimulation ou la fatigue en raccourcissant des exercices et en prévoyant des pauses (Kurz, 2012).
  • Veiller à ce que chaque participant ne ressente pas de gêne physique ou émotionnelle durant les séances en étant attentifs aux signes verbaux et non-verbaux.
  • S’intéresser à l’impact du programme en faisant un suivi post-programme.

Caractéristiques réglementaires

  • Prescription médicale de l’INM notamment dans le cadre d’une équipe spécialisée Alzheimer (ESA).
  • Libre de droit, mais le praticien doit se référer aux manuels de l’INM (Clare, 2008; Pool, 2018).

Initiateur principal

Lars Bäckman https://orcid.org/0000-0002-4312-7357, Karolinska Institutet, Stockholm.

Qualification requise

  • Psychologue clinicien, neuropsychologue, ergothérapeute ou infirmier spécialisé.
  • Professionnel formé à l’INM.

Bibliographie

Étude prototypique
Talassi E et al. Effectiveness of a cognitive rehabilitation program in mild dementia (MD) and mild cognitive impairment (MCI): a case control study. Arch Gerontol Geriatr. 2007;44 Suppl 1:391-9. https://dx.doi.org/10.1016/j.archger.2007.01.055


Étude mécanistique pivot
Van Paasschen J et al. Cognitive rehabilitation changes memory-related brain activity in people with Alzheimer disease. Neurorehabil Neural Repair. 2013 Jun;27(5):448-59. https://dx.doi.org/10.1177/1545968312471902


Études interventionnelles pivots
Amieva H et al. Group and individual cognitive therapies in Alzheimer's disease: the ETNA3 randomized trial. Int Psychogeriatr. 2016 May;28(5):707-17.  https://dx.doi.org/10.1017/S1041610215001830 

Kurz A et al. CORDIAL: cognitive rehabilitation and cognitive-behavioral treatment for early dementia in Alzheimer disease: a multicenter, randomized, controlled trial. Alzheimer Dis Assoc Disord. 2012 Jul-Sep;26(3):246-53.  https://dx.doi.org/10.1097/WAD.0b013e318231e46e


Études interventionnelles sur les risques
Panerai S et al. Group intensive cognitive activation in patients with major or mild neurocognitive disorder. Front Behav Neurosci. 2016 Feb 29;10:34.  https://dx.doi.org/10.3389/fnbeh.2016.00034 

Thivierge S et al. A randomized cross-over controlled study on cognitive rehabilitation of instrumental activities of daily living in Alzheimer disease. Am J Geriatr Psychiatry. 2014 Nov;22(11):1188-99.  https://dx.doi.org/10.1016/j.jagp.2013.03.008


Étude d’implémentation en France
Amieva H et al. Group and individual cognitive therapies in Alzheimer's disease: the ETNA3 randomized trial. Int Psychogeriatr. 2016 May;28(5):707-17.  https://dx.doi.org/10.1017/S1041610215001830


Autres publications
Bäckman L et al. Influences of cognitive support on episodic remembering: tracing the process of loss from normal aging to Alzheimer's disease. Psychol Aging. 1998 Jun;13(2):267-76.  https://dx.doi.org/10.1037//0882-7974.13.2.267 

Brunelle-Hamann L et al. Impact of a cognitive rehabilitation intervention on neuropsychiatric symptoms in mild to moderate Alzheimer's disease. Neuropsychol Rehabil. 2015;25(5):677-707.  https://dx.doi.org/10.1080/09602011.2014.964731

Clare L et al. Goal-oriented cognitive rehabilitation for early-stage Alzheimer's and related dementias: the GREAT RCT. Health Technol Assess. 2019 Mar;23(10):1-242.  https://dx.doi.org/10.3310/hta23100 

Clare L. Neuropsychological rehabilitation and people with dementia. Hove, UK: Psychology Press, 2008. https://www.routledge.com/Neuropsychological-Rehabilitation-and-People-with-Dementia/Clare/p/book/9781138877603?srsltid=AfmBOorXs7FWWyf67dY3xeQmWkmTz8QSDWeBucRPQ-UmLVcpnlxUBd87 

Kudlicka A et al. Cognitive rehabilitation for people with mild to moderate dementia. Cochrane Database Syst Rev. 2023 Jun 29;6(6):CD013388. https://dx.doi.org/10.1002/14651858.CD013388.pub2 

Pool J. A guide to personal cognitive rehabilitation techniques. London: Jessica Kingsley Publishers, 2018. https://www.amazon.co.uk/Reducing-Symptoms-Alzheimers-Disease-Dementias/dp/1785925784 

Warmoth K et al. Reflections on a personalized cognitive rehabilitation intervention: Experiences of people living with dementia and their carers participating in the GREAT trial. Neuropsychol Rehabil. 2022 Mar;32(2):268-286.  https://dx.doi.org/10.1080/09602011.2020.1820876 

Xiang C et al. Comparison of cognitive intervention strategies for individuals with alzheimer's disease: A Systematic Review and Network Meta-analysis. Neuropsychol Rev. 2024 Jun;34(2):402-416.  https://dx.doi.org/10.1007/s11065-023-09584-5
 

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Elodie Bertrand Lien ORCID , Hervé Platel Lien ORCID , Laure Jouatel , Alain Berard , Grégory Ninot Lien ORCID , Christine Tabuenca , Giovanni Carletti Lien ORCID

Auteur(s) de la fiche

Jean-Bernard Mabire Lien ORCID
Date de création : 14/10/2024
Date de révision : 16/03/2026
Version : V02



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