Thérapie-Cognitivo-Comportementale contre l’insomnie
Problème de santé : Troubles cognitifs ; Troubles du sommeil
Désignation
Indication principale
Comment ça se passe ?
- Ce programme se déroule sur 6 semaines, à raison d’une séance par semaine supervisée par le professionnel.
- Elles ont lieu en groupe de 10 personnes maximum.
- Pendant ces 6 séances, les participants reçoivent des explications sur les mécanismes du sommeil, les pensées associées, et des conseils à mettre en œuvre a quotidien. Ils y pratiquent également des mises en situation pour réaliser des techniques de relaxation et différents exercices à reproduire chez soi.
- Ces séances sont réalisées en intérieur, dans un établissement de santé, une maison pluriprofessionnelle de santé, un cabinet, une association, ou à domicile en visioconférence.
Autres bénéfices santé
- Diminution de l’anxiété.
- Diminution des symptômes dépressifs..
- Réduction de la fatigue.
Risques directs
Risques d’interaction
Contre-indications
Précautions
- La régularité est importante pour garantir les bénéfices du programme.
- Des mesures d’hygiène de vie peuvent être essentielles à le réduction de ces insomnies. Parlez-en à votre médecin et au praticien.
Dispositifs règlementaires prévus
- Prescription médicale de l’INM.
- Mise en œuvre par un psychologue clinicien titulaire d’un master en psychologie ou un.e infirmier.e diplômé.e d’état, ayant été formé à cette INM.
Date de révision : 16/03/2026
Version : V02
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Désignation
Abréviation
Catégorie
Objectif principal de santé
- Insomnie modérée à sévère chronique ou transitoire http://data.esante.gouv.fr/atih/cim10/G47 induite par un cancer, son annonce et ses traitements.
- CIM10 : 7A01
Explication
Test de routine
Seuil
Seuil individuel de changement clinique
Bénéfice secondaires
- Diminution de l’anxiété (Nissen, 2024).
- Diminution des symptômes dépressifs (Nissen, 2024).
- Réduction de la fatigue (Nissen, 2024).
Risques directs
Risques d’interaction
Mécanismes biologiques et psychosociologiques
- Une étude visait à évaluer les effets immunologiques de la TCC-I pour l'insomnie secondaire au cancer du sein (Savard, 2005). Les femmes ont été assignées au hasard à l’INM ou à la liste d'attente. Par rapport au groupe de contrôle, les femmes traitées par l’INM ont montré une plus grande sécrétion d'interféron-γ et une plus faible augmentation des lymphocytes après le traitement. Les niveaux d'interféron-γ et d'interleukine-1β ont augmenté de manière significative après le traitement. Des changements significatifs dans les globules blancs, les lymphocytes et l'interféron-γ ont été constatés lors du suivi.
- L’INM modifie les croyances, les habitudes et les environnements en lien avec le sommeil. L’INM agit ainsi sur les déterminants de l'insomnie que sont les facteurs prédisposant, les circonstances déclenchantes et les facteurs perpétuant (Williams, 2013). Des prédispositions comme une personnalité anxieuse ne produisent pas une insomnie chronique mais augmentent la probabilité de son apparition. Des circonstances déclenchantes coexistent avec l'apparition d'une insomnie comme l’annonce ou les traitements d’un cancer. Elle est ensuite entretenue par des facteurs de perpétuation qui incluent des changements de comportements que les patientes adoptent pour compenser un mauvais sommeil, comme leurs horaires de lever et de coucher.
Public répondeur
Public non répondeur
Participants
Minimum : 3
Maximum : 10
Durée
Nombre de séances par semaine
Procédure
Composants
- La composante cognitive vise à changer les pensées erronées ou inutiles sur le sommeil qui peuvent le perturber. Par exemple, des expériences d'insomnie conduisent à s'inquiéter de ne pas s'endormir et à passer trop de temps au lit pour essayer de forcer l’endormissement, ce qui engendre un cycle nocturne d’auto-frustration difficile à briser. La restructuration cognitive s'y attache en identifiant, défiant et modifiant les pensées et les croyances qui contribuent à l'insomnie, avec l'aide d'un psychologue pour une évaluation plus objective.
- La composante comportementale intègre un entraînement à la relaxation, un contrôle des stimuli et un encadrement du sommeil établissant des habitudes saines. Les personnes souffrant d'insomnie redoutent d’aller dans leur chambre, l'assimilant à l'éveil, aux tourments et à la frustration. Elles peuvent également y avoir des habitudes qui rendent le sommeil plus difficile, comme manger, regarder la télévision, utiliser un téléphone portable ou un ordinateur. Le contrôle des stimuli tente de modifier ces associations, en faisant de la chambre à coucher le lieu du repos réparateur. Pendant le traitement, le lit n'est utilisé que pour dormir ou avoir des relations intimes. Les patients sont invités à en sortir lorsqu'il est difficile de s'endormir ou s'ils restent éveillés plus de 10 minutes, et à ne se recoucher qu'une fois à nouveau fatigués. Ils règlent l'alarme de leur réveil à la même heure chaque matin et doivent éviter de faire des siestes pendant la journée.
- La composante psychoéducative fournit quant à elle des informations théoriques sur le lien entre les pensées, les sentiments, les comportements et le sommeil, ainsi que des conseils pratiques pour la régulation de ce dernier. Mal dormir peut être dû à une mauvaise hygiène de vie, notamment une surconsommation d'excitants (thé, café, alcool, produis psychotropes...), des diners trop copieux ou des activités trop stimulantes à des heures tardives (sport, jeu vidéo, jeu d’argent, réseau social...). Le professionnel cherche à corriger ces mauvaises habitudes en préconisant un rythme de vie régulier et facilitateur du sommeil. Il incite aussi à réduire les sources lumineuses (voyant, veilleuse) et sonores (arrêt du téléphone) en insistant sur l'importance de l'environnement nocturne, jusqu’à sa température, idéale entre 18 et 19° C.
Matériel
Lieu de pratique
Bonnes pratiques de mise en œuvre
- Conseiller avec l’accord du patient une application éducative sur les bonnes pratiques de régulation du sommeil.
- Les patients qui déclarent un sommeil gravement perturbé et ont une faible durée de sommeil au départ tirent un meilleur avantage de TCC-I (Scott, 2023).
- S’assurer de la compréhension de l’INM et de sa complémentarité avec les traitements du cancer et les recommandations de santé publique.
- S’assurer de la régularité et de l’adhésion aux séances supervisées.
- Une version brève de l’INM a été développée avec 6 livrets et 3 appels téléphoniques du psychologue (Casault, 2015).
Bonnes pratiques de pérennisation
- Aider la personne à construire des routines d’endormissement, par exemple en adoptant une position préférentielle ou en explorant mentalement un lieu qu’elle adore.
- Recommander au minimum tous les jours une activité physique de 30 minutes et un temps passé assis ou allongé de moins de 7h (avec des levers de 1 à 3 minutes toutes les heures).
- Recommander une alimentation saine et équilibrée.
- Recommander l’arrêt de la consommation de tabac ou équivalent.
- Recommander l’arrêt de la consommation d’alcool et autre produits psychotropes non prescrits.
Précautions
- Interroger la personne sur l’usage de sieste en évitant d’en faire après 16h pour ne pas compromettre la nuit de sommeil.
- Dire à la personne que si les troubles du sommeil persistent, une consultation médicale est de nouveau nécessaire.
Caractéristiques réglementaires
Initiateur principal
Qualification requise
- Psychologue clinicien ou infirmier.
- Professionnel qualifié à l’INM.
Bibliographie
Étude prototypique
Matthews EE et al. Adherence to cognitive behavioral therapy for insomnia (CBTI) among women following primary breast cancer treatment: a pilot study. Behav Sleep Med. 2012;10(3):217-29. https://dx.doi.org/10.1080/15402002.2012.666220
Étude mécanistique pivot
Savard J et al. Randomized study on the efficacy of cognitive-behavioral therapy for insomnia secondary to breast cancer, part II: immunologic effects. J. Clin. Oncol. 2005, 23, 6097–6106. https://dx.doi.org/10.1200/JCO.2005.12.513
Études interventionnelles pivots
Espie CA et al. Randomized controlled clinical effectiveness trial of cognitive behavior therapy compared with treatment as usual for persistent insomnia in patients with cancer. J Clin Oncol. 2008 Oct 1;26(28):4651-8. https://dx.doi.org/10.1200/JCO.2007.13.9006
Garland SN et al. Acupuncture versus cognitive behavioral therapy for insomnia in cancer survivors: A randomized clinical trial. J Natl Cancer Inst. 2019 Dec 1;111(12):1323-1331. https://dx.doi.org/10.1093/jnci/djz050
Études interventionnelles sur les risques
Heckler CE et al. Cognitive behavioral therapy for insomnia, but not armodafinil, improves fatigue in cancer survivors with insomnia: a randomized placebo-controlled trial. Support Care Cancer. 2016 May;24(5):2059-2066. https://dx.doi.org/10.1007/s00520-015-2996-y
Padron A et al. Impacts of cognitive behavioral therapy for insomnia and pain on sleep in women with gynecologic malignancies: A randomized controlled trial. Behav Sleep Med. 2022 Jul-Aug;20(4):460-476. https://dx.doi.org/10.1080/15402002.2021.1932500
Étude d’implémentation en France
Boinon D et al. Feasibility of a video-based cognitive behavioral therapy for insomnia in French adult cancer outpatients: results from the Sleep-4-All-1 study. Support Care Cancer. 2021 Oct;29(10):5883-5894. https://dx.doi.org/10.1007/s00520-021-06151-7
Autres publications
Casault L et al. A randomized-controlled trial of an early minimal cognitive-behavioural therapy for insomnia comorbid with cancer. Behav Res Ther. 2015 Apr;67:45-54. https://dx.doi.org/10.1016/j.brat.2015.02.003
Gao Y et al. Cognitive behavior therapy for insomnia in cancer patients: a systematic review and network meta-analysis. J Evid Based Med. 2022 Sep;15(3):216-229. https://dx.doi.org/10.1111/jebm.12485
Ma Y et al. Efficacy of cognitive behavioral therapy for insomnia in breast cancer: A meta-analysis. Sleep Med Rev. 2021 Feb;55:101376. https://dx.doi.org/10.1016/j.smrv.2020.101376
Morin CM et al. Insomnia: a clinical guide to assessment and treatment. New York: Kluwer Academic/Plenum Publishers. https://archive.org/details/springer_10.1007-b105845/mode/2up
Pigeon WR. Treatment of adult insomnia with cognitive-behavioral therapy. J Clin Psychol. 2010 Nov;66(11):1148-60. https://dx.doi.org/10.1002/jclp.20737
Qaseem A et al. Management of chronic insomnia disorder in adults: A clinical practice guideline from the American College of Physicians. Ann Intern Med. 2016 Jul 19;165(2):125-33. https://dx.doi.org/10.7326/M15-2175
Qin Z et al. The gap between statistical and clinical significance: time to pay attention to clinical relevance in patient-reported outcome measures of insomnia. BMC Med Res Methodol. 2024 Aug 8;24(1):177. https://dx.doi.org/10.1186/s12874-024-02297-0
Scott H et al. Baseline sleep characteristics are associated with gains in sleep duration after cognitive behavioral therapy for insomnia. Sleep Med. 2023 Feb;102:199-204. https://dx.doi.org/10.1016/j.sleep.2023.01.009
Walker J et al. Cognitive behavioral therapy for insomnia (CBT-I): A primer. Klin Spec Psihol. 2022;11(2):123-137. https://dx.doi.org/10.17759/cpse.2022110208
Williams J et al. Cognitive behavioral treatment of insomnia. Chest. 2013 143(2):554-565. https://dx.doi.org/10.1378/chest.12-0731
Experts ayant voté pour la mise en ligne de cette fiche
Marie-Estelle GaignardDate de révision : 16/03/2026
Version : V02
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