αGir+ Protocole intergénérationnel de réhabilitation à la marche pour la prévention des chutes et la perte d'autonomie des séniors
Problème de santé : Risque de chute
Désignation
Abréviation
Catégorie
Indication principale
Comment ça se passe ?
Le programme αGir+ est un entraînement à la marche conçu spécialement pour les personnes âgées. Il aide à retrouver une bonne coordination et un mouvement naturel, ce qui réduit le risque de chute.
L’exercice se fait à deux, bras dessus bras dessous : un senior marche accompagné d’un guide plus jeune. Cette façon de marcher permet au duo de se synchroniser naturellement : leurs pas s’accordent, et cela aide la personne âgée à retrouver un rythme de marche plus stable et plus fluide.
Les chercheurs ont montré que, lors de cette interaction, le corps du guide “entraîne” celui du senior, un peu comme si le système du plus jeune aidait celui du plus âgé à se réadapter. C’est ce qu’on appelle le principe de “mise en harmonie des complexités”.
Chaque séance comprend plusieurs séquences de marche en duo, répétées trois fois par semaine pendant trois semaines.
Lorsque ce schéma est répété 3 fois par semaine pendant 3 semaines, il a été observé une restauration progressive et durable de la complexité de la marche, mesurable en condition de marche autonome (séquences seul) et même à 2 mois après la fin du programme. Cette amélioration s’accompagne de bénéfices cliniques observés sur l’équilibre, l’endurance, la confiance en soi et la performance motrice globale.
Autres bénéfices santé
Risques directs
En prenant des des mesures de sécurité appropriées, incluant la surveillance continue et l’adaptation de la vitesse de marche à chacun, on minimise ces risques.
Risques d’interaction
Public cible
- De plus de 60 ans,
- Autonome (Gir 5 et 6),
- Pouvant effectuer 15 minutes de marche sans s'arrêter,
- Capable de comprendre les consignes du programme,
- Ne présentant pas de contre-indication à la pratique d’une activité physique,
- N’ayant pas de troubles neurologiques ou cardio-vasculaires.
Contre-indications
- Troubles cognitifs avancés empêchant le participant de comprendre ou de respecter les consignes du protocole.
- Troubles de la marche et de l'équilibre.
Durée
Chaque séance est composée de 4 séquences de 15 minutes de marche séparées par des temps de repos de 10 à 15 minutes.
Nombre de séances par semaine
Précautions
En cas d’intervention réalisée en extérieur, il est important de prévoir un lieu de repli afin d’assurer la tenue des séances malgré les aléas météorologiques.
Enfin, la signature d’un document d’information et/ou d’engagement par les participants peut permettre de renforcer leur implication et la régularité de leur participation.
Dispositifs règlementaires prévus
Initiateur principal
Date de révision : 14/04/2026
Version : V01
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Désignation
Abréviation
Catégorie
Corporelle
Objectif principal de santé
- Le protocole a pour objectif principal de prévenir le risque de chute et la perte d’autonomie chez les personnes âgées, via la restauration de la complexité du système locomoteur.
- CIM11 : MB47.C
Explication
D’un point de vue théorique, ce protocole s’appuie sur le modèle du complexity matching (West, Geneston & Grigolini, 2008), selon lequel deux systèmes complexes en interaction tendent à harmoniser leur niveau de complexité. Les travaux de Mahmoodi et al. (2020) ont démontré que dans ce processus, c’est le système le plus complexe (le guide jeune) qui agit comme attracteur et entraîne l’enrichissement de la complexité du système déficient (le senior).
Chaque séance comprend 4 séquences de marche bras-dessus bras-dessous avec synchronisation intentionnelle des pas. Lorsque ce schéma est répété 3 fois par semaine pendant 3 semaines, nous enregistrons une restauration progressive et durable de la complexité de la marche, mesurable en condition de marche autonome (séquences solo) et même à 2 mois post-protocole. Cette amélioration s’accompagne de bénéfices cliniques observés sur l’équilibre, l’endurance, la confiance en soi (FES‑I) et la performance motrice globale (Ezzina et al., 2021 ; Ezzina et al., 2025).
Test de routine
- Questionnaire FES-I
- Test de préhension Manuelle
- Test de marche de 6 minutes
- Test TuGo
- Test d’équilibre unipodal
- Test SPPB
Seuil
Seuil individuel de changement clinique
- Une variation d’environ 5 à 6 kg pour la force de préhension manuelle,
- Une modification d’environ 15 à 18 mètres au test de marche de 6 minutes,
- Une variation d’environ 1 seconde au Timed Up and Go,
- Une amélioration ≥ 5 secondes au test unipodal (yeux ouverts) est susceptible de refléter une amélioration fonctionnelle réelle,
- Un changement d’environ 1 point sur le score total du SPPB,
- Pour le questionnaire FES-I, un score compris entre 16 et 22 correspond à une faible peur de chuter, alors qu’un score ≥ 23 points indique une peur élevée de la chute.
Cependant, ces valeurs n’ont pas été validées de façon universelle comme seuils individuels applicables dans tous les contextes cliniques. Par conséquent, l’interprétation des résultats doit rester prudente et s’inscrire dans une démarche globale d’évaluation fonctionnelle.
Bénéfice secondaires
Risques directs
Des mesures de sécurité appropriées, incluant la surveillance continue et l’adaptation individualisée de la vitesse de marche, sont mises en place pour minimiser ces risques.
Risques d’interaction
Mécanismes biologiques et psychosociologiques
Le travail que nous avons mené ces dernières années visait à restaurer la complexité du système locomoteur chez des populations âgées (ayant une diminution de la complexité). Nous nous sommes basés sur le modèle de l’appariement des complexités (complexity matching, West, Geneston & Grigolini, 2008). Le modèle original suggérait que deux systèmes complexes maximisaient leurs échanges d’information lorsqu’ils possédaient des complexités similaires. Marmelat et Delignières (2012) complètent cette propriété par l’assomption selon laquelle deux systèmes en interaction tendent à harmoniser leurs complexités afin d’optimiser leurs échanges. Cette proposition ouvre la voie à l’étude de la synchronisation entre un système de complexité optimale et un système déficient, de complexité moindre. Almurad et al. (2018) dans une première expérimentation sur la restauration de la complexité, avançaient l’hypothèse selon laquelle le système le plus complexe, intrinsèquement plus stable que le système déficient, devait, dans le processus d’harmonisation, inciter le système déficient à enrichir sa complexité. Cette hypothèse a reçu deux ans plus tard une démonstration formelle par Mahmoodi et al. (2020), qui ont montré que lorsque deux systèmes de complexités différentes interagissaient, le système le plus complexe attirait en effet le système le moins complexe, résultant en un accroissement de la complexité du second.
Concrètement, le protocole repose sur une marche en dyade entre une personne âgée présentant une altération de la complexité locomotrice et un jeune guide en bonne santé. L’intervention consiste à synchroniser les pas des deux marcheurs afin de favoriser un phénomène d’appariement des complexités. Dans ce contexte d’interaction motrice, le système locomoteur du sujet âgé est exposé à un signal de marche présentant un niveau de complexité optimal. Conformément au modèle de l’appariement des complexités, l’interaction entre les deux systèmes conduit progressivement à une harmonisation de leurs dynamiques, le système le plus complexe attirant le système le moins complexe.
Sur le plan fonctionnel, cette interaction se traduit par une augmentation immédiate de la complexité de la marche chez la personne âgée dès les premières phases de synchronisation. Les analyses de la variabilité temporelle des pas montrent en effet un enrichissement instantané de la dynamique locomotrice lorsque le senior marche en synchronisation avec le guide. Au cours du protocole d’entraînement (environ trois semaines), cette stimulation répétée du système locomoteur permet une restauration progressive de la complexité de la marche. Ainsi, après la période d’intervention, les personnes âgées présentent, même lors de la marche autonome, une complexité significativement plus élevée, se rapprochant des niveaux observés chez des sujets jeunes en bonne santé.
Public répondeur
- De plus de 60 ans,
- Autonome (Gir 5 et 6),
- Pouvant effectuer 15 minutes de marche de manière continue,
- Capable de comprendre les consignes du protocole,
- Ne présentant pas de contre-indication à la pratique d’une activité physique,
- N’ayant pas de troubles neurologiques ou cardio-vasculaires.
Public non répondeur
- Présence de contre-indications médicales à la pratique d’une activité physique adaptée, telles que : pathologies cardiovasculaires non stabilisées, troubles locomoteurs sévères limitant la marche, ou toute condition médicale jugée incompatible avec la participation au protocole par un professionnel de santé.
- Troubles cognitifs avancés empêchant le participant de comprendre ou de respecter les consignes du protocole.
- Troubles de la marche et de l'équilibre.
Participants
Minimum : 1
Maximum : 6
Durée
Chaque séance est composée de 4 séquences de 15 minutes de marche séparées par des temps de repos de 10 à 15 minutes.
Nombre de séances par semaine
Procédure
Composants
Puis les séquences de marches peuvent démarrer.
Matériel
- Utilisation d'un chronomètre/minuteur par le guide.
- Chaussures de marche adaptées.
Lieu de pratique
Bonnes pratiques de mise en œuvre
Respecter les pauses (voire les augmenter au besoin) afin de garantir la sécurité du participant.
Bonnes pratiques de pérennisation
Nos travaux récents (Ezzina et al., 2025) ont montré une persistance significative des bénéfices jusqu’à deux mois après l’intervention. Une étude complémentaire, en cours de finalisation, suggère un maintien partiel des effets jusqu’à quatre mois post-protocole, avec toutefois une tendance à la diminution progressive.
Ces résultats indiquent qu’une remise en place du protocole à intervalles réguliers, notamment à partir du deuxième mois, pourrait être pertinente pour entretenir et prolonger les effets observés dans le temps.
Précautions
En cas d’intervention réalisée en extérieur, il est important de prévoir un lieu de repli afin d’assurer la tenue des séances malgré les aléas météorologiques.
Enfin, la signature d’un document d’information et/ou d’engagement par les participants peut constituer un levier supplémentaire pour renforcer leur implication et la régularité de leur participation.
Caractéristiques réglementaires
Initiateur principal
Qualification requise
Niveau 1 « Accompagnateur » destiné à aider le jeune guide à comprendre précisément le protocole, ses exigences et les points de vigilance, ainsi qu’à disposer des repères nécessaires pour en assurer une application fidèle.
Niveau 2 « Structure » destiné aux structures souhaitant mettre en place le dispositif, avec un accompagnement sur l’anticipation logistique, l’organisation du projet, ainsi que l’acquisition de bases en évaluation et suivi du déploiement.
Concernant le profil d’accompagnateur, nous recommandons idéalement une personne âgée d’environ 20 à 50 ans, en bonne santé générale, et sans atteinte ou difficulté particulière au niveau du système locomoteur, afin de garantir la sécurité et la qualité de la mise en œuvre du protocole.
Bibliographie
Ezzina, S., Pla, S., & Delignières, D. (2025). Restoring the complexity of walking in the elderly and its impact on clinical measures around the risk of falls. Frontiers in Network Physiology, 5, 1532700. https://doi.org/10.3389/fnetp.2025.1532700
Ezzina, S., Roume, C., Pla, S., Blain, H., & Delignières, D. (2021). Restoring walking complexity in older adults through arm-in-arm walking: were Almurad et al.’s (2018) results an artifact?. Motor Control, 25(3), 475-490. https://doi.org/10.1123/mc.2020-0052
Autres publications
Almurad, Z. M., Roume, C., Blain, H., & Delignières, D. (2018). Complexity matching: restoring the complexity of locomotion in older people through arm-in-arm walking. Frontiers in Physiology, 9, 1766. https://doi.org/10.3389/fphys.2018.01766
Almurad, Z. M. H., Roume, C., and Delignières, D. (2017). Complexity matching in side-by-side walking. Hum. Mov. Sci. 54, 125–136. https://doi.org/10.1016/j.humov.2017.04.008
Fine, J. M., Likens, A. D., Amazeen, E. L., and Amazeen, P. G. (2015). Emergent complexity matching in interpersonal coordination: local dynamics and global variability. J. Exp. Psychol. Hum. Percept. Perform. 41, 723–737. https://doi.org/10.1037/xhp0000046
Hausdorff, J. M., Mitchell, S. L., Firtion, R., Peng, C. K., Cudkowicz, M. E., Wei, J. Y., et al. (1997). Altered fractal dynamics of gait: reduced stride-interval correlations with aging and Huntington’s disease. J. Appl. Physiol. 82, 262–269. https://doi.org/10.1152/jappl.1997.82.1.262
Mahmoodi, K., West, B. J., & Grigolini, P. (2018). Complexity matching and requisite variety. arXiv preprint arXiv:1806.08808. https://doi.org/10.48550/arXiv.1806.08808
Experts ayant voté pour la mise en ligne de cette fiche
MEYRAND Renaud , SANTOS Isabel , TRICHET BaptisteDate de révision : 14/04/2026
Version : V01
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